Sandicoly, ma première rencontre avec le Sénégal
Avril 2022.
Il y a des voyages dont on revient avec des souvenirs. Et puis il y a ceux qui laissent une empreinte, qui donnent envie de revenir avant même d'être rentré.
Pour moi, ma première découverte du Sénégal a été de ceux-là.
Avec ma femme Angélique, nous avons choisi de partir à la découverte d'un Sénégal différent, loin des circuits touristiques traditionnels. Nous avions été séduits par l'idée d'un séjour solidaire, au cœur de la nature et au plus près de la vie locale.
Notre destination : Sandicoly, un petit village de brousse situé dans le Niombato, au cœur du Sine Saloum, au sud de Dakar.
Neuf jours pour découvrir un territoire, ses habitants, sa culture et une nature exceptionnelle.
Et surtout, neuf jours pour faire une rencontre qui allait changer ma façon de regarder le Sénégal.
Bienvenue à Sandicoly
Après notre arrivée à Dakar, il faut encore compter environ quatre heures de route pour rejoindre notre destination, à quelque 250 kilomètres au sud de la capitale.
Peu à peu, les paysages changent. La ville laisse place à la brousse, aux villages, aux pistes et aux grands espaces.
Nous arrivons finalement à Sandicoly, où nous sommes accueillis dans le campement de Claudine, notre hôte.
Nous avions rencontré Claudine quelques temps auparavant à Ménigoute, lors du festival international du film ornithologique. Elle nous avait parlé du village, de ses habitants, des projets menés localement et de cette région extraordinaire qu'est le Sine Saloum.
Elle avait réussi à nous convaincre.
Nous étions venus pour découvrir.
Nous allions repartir avec bien plus.
Une immersion dans la vie du village
Notre séjour commence naturellement par la découverte de Sandicoly et de ses habitants.
Nous rencontrons le chef du village, puis l'Imam. Ces premières rencontres permettent de mieux comprendre l'organisation de la communauté, son histoire et la place de chacun dans la vie du village.
Nous découvrons également le groupement des femmes de Sandicoly, avec lesquelles de nombreux projets de développement solidaire sont réalisés.
Très vite, nous comprenons que le voyage que nous avons choisi ne consiste pas simplement à venir observer.
Ici, l'idée est de rencontrer, échanger, partager et, lorsque cela est possible, donner un peu de son temps.
Lors de notre séjour, il n'y avait pas de projet particulier sur lequel donner de notre temps, nous juste participé à de petites réparations, notamment sur des clôtures.
Des choses simples.
Mais c'est justement dans ces moments du quotidien que le voyage prend tout son sens.
Une école au cœur du village
Nous avons également eu la chance de visiter l'école maternelle gérée par l'association MAMA KOLODINE avec laquelle nous avions réservé notre séjour.
Nous rencontrons les maîtresses et les enfants.
Et nous avons même la possibilité de participer à quelques exercices d'écriture avec eux.
Un moment simple, mais particulièrement touchant.
Derrière les photographies que l'on peut rapporter d'un voyage, il y a aussi ces rencontres et ces regards qui restent longtemps en mémoire.
Le marché de Sokone : une explosion de couleurs
Impossible de découvrir le Niombato sans partir à la rencontre des marchés locaux.
Nous découvrons celui de Sokone, avec ses immenses étals, ses marchandises, ses couleurs et son animation.
Le marché permet surtout d'observer une autre facette de la vie locale : les échanges, les habitudes, les produits, les rencontres...
Le Sénégal se découvre aussi ici, dans cette vie quotidienne qui contraste tellement avec notre quotidien européen.
Et puis il y a la nature...
Si ce voyage était avant tout une découverte humaine et culturelle, je ne pouvais évidemment pas rester insensible à la richesse naturelle du Sine Saloum.
Pour un photographe animalier passionné par les oiseaux, la région est tout simplement fascinante.
Autour du campement, les premières observations ne tardent pas.
Puis nous partons explorer les différents milieux qui composent ce territoire : brousse, forêt, zones humides, mangrove et bolongs.
À chaque sortie, une nouvelle découverte.
Un oiseau posé sur une branche. Un autre qui traverse le ciel. Une silhouette aperçue au bord d'une zone humide.
Le Sine Saloum offre une diversité de paysages qui permet de rencontrer une avifaune exceptionnelle.
Et pour moi, c'est une véritable révélation.
Nous partons également explorer le delta du Sine Saloum en pirogue et en kayak.
Changer de point de vue transforme complètement la découverte.
Depuis l'eau, la mangrove devient un immense labyrinthe de palétuviers. Les paysages semblent se prolonger à l'infini et la vie sauvage apparaît partout autour de nous.
Le silence de certains endroits est seulement interrompu par le mouvement de l'eau ou le chant des oiseaux.
C'est dans ces moments-là que l'on comprend réellement la richesse de cet environnement.
Pour un photographe animalier, chaque sortie devient une promesse.
On ne sait jamais ce que l'on va rencontrer.
Une première expérience de photographe animalier au Sénégal
Pour moi, ce séjour a été une véritable révélation photographique.
Je venais au Sénégal avec l'envie de découvrir une nouvelle région et de photographier des espèces que je ne connaissais pas encore.
Je ne m'attendais pas à une telle richesse. Les observations étaient nombreuses, variées et souvent accessibles.
Chaque sortie apportait son lot de découvertes. Et surtout, je découvrais une façon différente de pratiquer la photographie animalière.
Ici, il ne s'agissait pas seulement de chercher une espèce rare.
Il fallait prendre le temps de regarder, observer les milieux, comprendre les habitudes des oiseaux, mais aussi des villageois.
Neuf jours... et déjà l'envie de revenir
Et puis, beaucoup trop vite à mon goût, notre séjour touche à sa fin.
Neuf jours seulement.
Neuf jours qui nous ont permis de découvrir Sandicoly, de rencontrer ses habitants, de comprendre un peu mieux leur quotidien, de parcourir les paysages du Sine Saloum et de faire nos premières rencontres avec cette avifaune extraordinaire.
Au moment de partir, je ressens déjà cette sensation étrange que certains photographes connaissent bien.
Celle de ne pas avoir terminé, de savoir qu'il reste encore tant de choses à découvrir, tant d'oiseaux à observer.
Je me souviens m'être dit :
« C'est certain, je reviendrai. »
Je ne savais pas encore à quel point cette promesse allait compter.