Des photos pour apprendre à observer les oiseaux du Niombato
Parfois, un projet commence par une idée toute simple.
Depuis plusieurs années, je photographie les oiseaux du Niombato, et au fil de mes séjours à Sandicoly, j'ai eu envie de faire quelque chose de ces images qui puisse être utile sur place.
L'occasion s'est présentée avec les groupes scolaires accueillis au campement.
Chaque année, des enfants viennent découvrir le site et participent à différentes activités. Parmi elles, l'observation des oiseaux occupe naturellement une place importante.
Alors pourquoi ne pas créer un support simple, ludique et adapté aux enfants pour les accompagner dans cette découverte ?
S'inspirer de ce qui existe en France
En France, de nombreuses associations naturalistes proposent des fiches permettant aux enfants, mais aussi aux adultes, de participer à des opérations de comptage des oiseaux du jardin.
L'idée m'a immédiatement parlé. J'ai donc choisi de reprendre ce principe et de l'adapter au contexte du campement du Niombato.
Pas question de créer un document scientifique complexe.
Je voulais quelque chose de très simple, compréhensible au premier regard et surtout amusant à utiliser.
18 oiseaux à observer depuis le campement
Le premier travail a été de sélectionner les espèces.
Je suis parti sur 18 oiseaux que l'on peut régulièrement observer depuis ou autour du campement.
Des espèces suffisamment communes et visibles pour permettre aux enfants de les retrouver facilement sur le terrain.
Pour chacune, l'objectif était de donner uniquement les informations essentielles :
- une photographie pour faciliter l'identification ;
- le nom de l'oiseau ;
- sa taille ;
- une case permettant de noter le nombre d'individus observés.
Neuf espèces par page, sur une fiche au format A4.
L'idée est de pouvoir prendre la fiche avec soi lors d'une sortie, regarder, chercher, compter... et recommencer.
Mes photographies au service de la transmission
Pour réaliser ces fiches, j'ai naturellement choisi de réutiliser mes propres photographies.
Elles sont mises à disposition bénévolement, dans un cadre associatif, avec une idée simple : si mes images peuvent donner envie à un enfant de regarder un oiseau, de chercher son nom ou simplement de s'intéresser à la nature qui l'entoure, alors elles ont une autre utilité que celle de rester dans mes archives.
J'ai également essayé de privilégier des photographies permettant une identification visuelle simple.
Pas forcément mes images les plus spectaculaires.
Mais celles qui montrent correctement l'oiseau et ses caractéristiques.
Un support pensé pour durer
Pour la mise en forme, je suis parti d'un simple document Word que j'ai entièrement retravaillé.
J'ai souhaité intégrer l'identité visuelle du campement et celle de l'association, afin que ces fiches soient réellement intégrées aux activités proposées sur place.
Une fois les pages finalisées, restait une question : comment faire pour que ces supports puissent être utilisés encore et encore ?
J'ai donc choisi d'imprimer trois exemplaires de chaque fiche, soit six fiches au total, puis de les plastifier.
Pour le comptage, les enfants peuvent écrire directement dessus avec un feutre effaçable type Velleda.
Et pour pouvoir les réutiliser facilement, chaque jeu de fiches est accompagné d'une petite chiffonnette.
Simple, pratique et réutilisable.
Pas encore de programme scientifique
Pour le moment, il n'y a aucune volonté de créer une base de données ou de mettre en place un protocole scientifique.
Ces fiches ont avant tout un objectif :
donner envie aux enfants d'observer. Regarder autour de soi. Reconnaître un oiseau. Apprendre son nom. Compter combien d'individus sont présents.
Et surtout, prendre conscience de la richesse naturelle qui les entoure.
Peut-être qu'un jour, cette démarche pourra aller plus loin.
Mais pour l'instant, je préfère qu'elle reste ce qu'elle est : un support ludique pour éveiller la curiosité et donner le goût de l'observation.
Les premières fiches arrivent à Sandicoly
Lors de mon séjour de mars 2026, j'ai enfin pu apporter les fiches au campement et les remettre à Claudine.
Après avoir imaginé le projet ensemble en 2024, sélectionné les espèces, choisi les photographies, réalisé la mise en page puis fabriqué les supports, c'était un petit moment assez particulier de les voir enfin arriver à leur destination.
Je ne sais pas encore comment elles seront utilisées, ni quelle sera la réaction des enfants.
Mais j'espère une chose :
qu'elles leur donneront envie de lever les yeux, d'ouvrir les yeux... et de regarder les oiseaux qui vivent juste autour d'eux.
Parce qu'au fond, c'est peut-être là que commence le respect de la nature.